CALAMUSA Guy

PEINTURE

En quelques mots

Guy Calamusa est profondément attaché à la Méditerranée, à cette mer carrefour des civilisations. Autodidacte, son travail met en scène un monde en devenir, en gestation où le peintre d’une toile à l’autre accomplit un travail de tisserand. A travers chaque tracé de crayons, de mots, de signes, de points qui se joignent et disjoignent, le peintre semble recoudre le tissu d’un déracinement intérieur. Des symboles récurrents – oiseaux, animaux, échelles, barques – parcourent les toiles et amènent vers un sens plus caché du monde.

On y découvre des oiseaux aux regards interrogateurs, souvent figurés au bas du tableau. Ils semblent avoir perdu l’usage de leurs ailes et scrutent d’un air étonné le centre de la toile. Ou encore ces petits dessins, ces lignes griffées, ces points, ces numéros reconstituent peu à peu la carte d’un voyage imaginaire ou d’un paysage empli de « broussaille ». Parfois, des petites silhouettes noires stylisées tendent vers le ciel leurs bras trop courts et nous observent. Ces signes posés au hasard de la surface de la toile ou du papier – chiffres, lettres, enchevêtrements de tracés de crayons gras, secs – posent les jalons d’une écriture hiéroglyphique. A propos de ces signes, dans une lettre adressée au peintre, Jacques Dupin parle d’« aimantation énigmatique » et écrit qu’ils renvoient « à une poésie d’une errance laconique ». En effet, l’espace dans les tableaux est ouvert, la peinture est « en broussaille » comme si le souci majeur était ici de souligner l’aspect inachevé du tableau, chaotique des couleurs et par là-même du monde.

Plus récemment, le peintre a donné une place prépondérante au monde animal déjà présent dans des toiles antérieures où ils évoluaient dans un paysage fait de broussaille. Ici, les animaux se donnent en spectacle. Ils s’exhibent, apparaissent sur le théâtre du monde fait de symboles qui jalonnent les feuilles de papier : feuilles d’arbres dessinées, points cloutés, chemins, graffitis au crayon, roues, échelles, barques noires. Ces animaux hors du temps nous racontent l’histoire d’un univers perdu où autrefois les humains dialoguaient avec eux. De face ou de côté, solitaires ou accompagnés, dotés parfois de mains, de pattes ou de jambes, à mi-chemin entre l’homme et l’animal, ils nous interpellent, ne nous laissent pas indifférents. Ces bêtes si humaines, dotées de sentiments, d’intelligibilité, nous parlent, nous regardent, nous interrogent comme elles devaient certainement parler, regarder, interroger les hommes de Lascaux.

FERRARI ART GALLERY

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